« Passer un bon moment avec la mort, c’est le sentiment que donne la pièce [...]. Une pièce où l’on rit sans tabou de la mort, dans un univers très sombre. C’est toute la force de ce spectacle qui sait passer de l’absurde au plus sérieux avec finesse. »
— Christine Savioz, Le Nouvelliste

« Des textes percutants ou tendres, osant dire le pire pour susciter le meilleur. »
— Corinne Jaquiéry, 24 Heures
« A vivre dans la tristesse? Certainement pas! La recherche menée au cours de “J’ai l’impression qu’André...”, en prenant des formes tantôt ludiques, comiques ou poétiques, se ré- vèle être une expérience savoureuse et extrêmement enri- chissante. »
– Antoinette Rychner, Le Courrier
« Dans une esthétique inspirée du théâtre de marionnettes, l’humour domine. Du reste, spectacle après spectacle, les auteurs associés nous prouvent que “le rire ouvre la porte à l’intelligence”. On a déjà souvent salué l’inventivité et la subtilité de ce collectif qui aime savonner les clichés. Même alliage ici, avec, sur ce sujet à risque, la sensibilité en prime. »
— Marie-Pierre Genecand, Le Temps
J’ai l’impression qu’André est mort dans les toilettes
2009
Petithéâtre, Sion
Pommier, Neuchâtel
La Grange de Dorigny, Lausanne
Saint-Gervais, Genève
Alambic, Martigny
Pour mes funérailles, je voudrais que toute l’assemblée chante Tata Yoyo, à plusieurs voix. Ça vous demandera beaucoup de travail, et ces instants passés ensemble à rire et à chanter feront de ma mort un beau souvenir dans vos cœurs.
Et ceux qui en éprouveront de la honte et se sentiront humiliés, ceux-là, par leur manque d’humour, mériteront cette punition.
Et ceux qui se soustrairont à ma dernière volonté, ceux qui ne chanteront pas, mon âme d’en haut les comptera. Ils sauront que je sais et le remord les poursuivra.
Et ceux enfin qui savent que mon âme est bien morte, et que dans la boîte il n’y a qu’un peu de chair en transformation, ceux-là ne prendront pas la peine de m’en vouloir et penseront que décidément j’aurai été une andouille jusqu’à la toute fin. Et comme l’assemblée ne sera faite que de ces derniers, un grand silence règnera à mes funérailles, frisé par instants du fou rire contenu que produira le Tata Yoyo intérieur de chacun.
La présence de la mort, des morts, dans nos vies, est une expérience indicible, toujours unique, toujours violente. Sur scène, où la vie est vraie et fausse à la fois, et la mort toujours fausse, comment évoquer cette expérience ? Voilà une recherche passionnante ! Une recherche à faire au théâtre, en tant qu’êtres vivants fragiles devant d’autres êtres vivants fragiles. Pourquoi l’évoquer ? Peut-être parce que nous vivons dans une société qui escamote volontiers tout rapport à la mort, une société dont les rituels se diluent et se perdent. Peut-être pour remettre la mort à sa place, dans la vie. Pour mettre en scène nos peurs, dialoguer avec elles, en rire. Et peut-être parce qu’il est bon d’en parler ? Regarder l’humain à travers la mort nous ouvre un nouvel angle de vue, fragile, drôle, absurde, désorienté. Comme si l’on faisait un portrait tout nu de l’humain affairé à tenir debout.
écriture
Hélène Cattin
, Sandra Gaudin
, Christian Scheidt
mise en scène
Hélène Cattin
assistant à la mise en scène
Diego Todeschini
jeu
Pierre-Isaïe Duc
Jean-Luc Farquet
Sandra Gaudin
Céline Goormaghtigh
Isabelle Sarment-Migraine
Christian Scheidt
scénographie
Julie Chapallaz
Sandro Santoro
lumière
Michel Guibentif
son
Frédérique Jarabo
costumes
Christel Abbonizio
maquillage
Sonia Geneux
administration
Emmanuelle Vouillamoz
photos
Virginie Otth